Une grande complainte de salle de garde, absurde, longue et particuliĂšrement fleurie.
đ Afficher les paroles
Ă Muse ! prĂȘte-moi ta lyre,
Afin quâen vers je puisse dire
Le grand combat des morpions,
Qui eut lieu autour dâun con.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Cent mille poux de forte taille,
Sur une motte, livraient bataille
à nombre égal de morpions
Portant écus et mousquetons.
De profundis !
De profundis morpionibus !
La bataille fut gigantesque,
Tous les morpions périrent presque,
Et plus dâun noble chevalier
Fut mis à bas des étriers.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Pour reprendre lâavantage,
Les morpions luttaient avec rage ;
Mais leurs efforts furent superflus,
Les poux gardĂšrent le dessus.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Ă cheval sur une roupette,
Tenant Ă la main sa lorgnette,
Le capitaine des morpions
Examinait les positions.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Le capitaine, voyant plier son aile,
Dit Ă ses compagnons fidĂšles :
« Ah ! mes amis ! Nous sommes foutus,
Piquons une charge dans lâtrou du cul. »
De profundis !
De profundis morpionibus !
Ce morpion de haute origine,
Qui revenait du bout dâla pine,
Leva sa lance et sâĂ©cria :
« Le morpion meurt, mais nâse rend pas ! »
De profundis !
De profundis morpionibus !
BardĂ© dâun triple rang de crasse,
Transpercé, malgré sa cuirasse,
Le capitaine des morpions
Tomba sans vie au fond du con.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Pour retirer leur capitaine,
Tous les morpions firent la chaĂźne ;
Ils sâĂ©puisĂšrent en vains efforts :
LâabĂźme ne rend pas ses morts.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Un soir, au bord de la ravine,
Pleine de rĂšgles et dâurine,
Lâon vit un grand fantĂŽme tout nu,
Ă cheval sur trois poils du cul.
De profundis !
De profundis morpionibus !
à ce spectacle épouvantable,
Et croyant que câĂ©tait le diable,
Les femmes enceintes, en accouchant,
Pondaient dâla merde au lieu dâenfants.
De profundis !
De profundis morpionibus !
CâĂ©tait lâombre du capitaine,
De chancres et dâasticots pleine,
Qui, faute dâinhumation,
Puait le marolles et lâarpion.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Le troupeau, sitĂŽt, prend les armes ;
Lâenterre en versant force larmes,
Comme un convoi dâun cardinal,
Ou bien dâun garde national.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Ils le suivirent au cimetiĂšre,
Sâassirent en rond sur leur derriĂšre,
La crotte au cul, la larme Ă lâĆil,
Tous les morpions étaient en deuil.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Douze des plus jolies morpionnes
Portaient en pleurant des couronnes
De fleurs blanches et de poils du cul
Quâavait tant aimĂ©s le vaincu.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Son cheval de guerre lâaccompagne,
Quatre morpions, Grands dâEspagne,
La larme Ă lâĆil, le crĂȘpe au bras,
Portaient les quatre coins du drap.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Sur un superbe cénotaphe,
Lâon inscrivit cette Ă©pitaphe :
« Ci-gßt un morpion de valeur,
TombĂ© sans vie au champ dâhonneur !
De profundis !
De profundis morpionibus ! »
Sur une couille, grosse et velue,
Lâon Ă©rigea une statue
Ă ce capitaine de morpions,
Mort si bravement au fond dâun con.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Depuis ce temps, dans la vallée,
On entend des bruits de mĂȘlĂ©e ;
Les morpions, pour venger le vaincu,
Sâcramponnent Ă tous les poils du cul.
De profundis !
De profundis morpionibus !
Version ancienne de lâAnthologie hospitaliĂšre et latinesque (1911) â
source Wikisource.